vendredi 13 mars 2009

Légalement traqués par Google


Source : Publié par E. Lamy le 13/03/2009 sur c-cool-la-vie.com

Récemment, les utilisateurs du programme de publicité Google AdSense ont reçu un e-mail expliquant que les utilisateurs qui visiteraient leurs sites verraient des publicités ciblées, grâce à un système de cookies avec sa filiale DoubleClic. Il propose ainsi de mettre à jour les paramètres de confidentialité desdits sites.

Normalement, un site utilise le cookie pour se rappeler de votre connexion. Quand vous utilisez Facebook, par exemple, pour se rappeler que vous avez déjà tapé le mot de passe. Chaque site a accès à ses propres cookies. Ils sont donc indispensables pour naviguer. Oui, mais...

En cliquant sur les liens du mail, on comprend que Google a accès aux cookies de DoubleClic (racheté par Google en avril 2007, voir notre article sur la plainte déposée contre le rachat de DoubleClic) tout comme n'importe quel autre site... Du moins si vous n'avez pas bloqué l'option sur votre navigateur.

DoubleClic, une société de régie publicitaire, connaît déjà certaines habitudes des consommateurs puisqu'elle sait qui clique sur quelles annonces, quand, et les sites visités. La base de données tant redoutée lors du rapprochement avec Google se concrétise, elle leur permet de cibler les publicités par utilisateur, quel que soit le site visité. Indirectement, on sait où vous allez, ce que vous aimez, et on l'exploite pour de l'argent.

Imaginez un commercial dans la rue, qui vous dirait "Bonjour, M. Dupont, vous êtes fan de tennis ? Justement, je propose mes services pour des cours de bon niveau..."

Google explique bien comment désactiver cette option en tant qu'utilisateur, et le projet est open source : pas de triche ici. Mais on se garde bien d'en informer le plus grand nombre. Vous pouvez trouver ces informations ici :
http://www.google.fr/ads/preferences/plugin/browsers.html

Ici, sur ce blog, hébergé par Blogger (appartenant aussi à Google) qui diffuse des publicités AdSense, ne peut pas choisir de "ne pas cibler les publicités", il est obligé "de l'inclure dans les déclarations de confidentialité". Après avoir pris la place dans la recherche web et quasiment monopolisé la publicité web, Google AdSense a suffisemment d'influence sur la toile pour forcer la complicité de ses clients... à l'insu des consommateurs.

Copie du mail envoyé par AdSense :

Bonjour,

Nous souhaitons vous informer du prochain lancement de la publicité ciblée par centres d'intérêt, qui nécessite la révision et l'éventuelle modification des règles de confidentialité de votre site. Nous vous annonçons également la présence de nouvelles options sur votre page "Paramètres du compte".

La publicité ciblée par centres d'intérêt permettra en effet aux annonceurs de diffuser des annonces en fonction des interactions précédentes de l'internaute avec les annonceurs, par exemple les visites sur leurs sites Web, et d'atteindre les internautes en se basant sur leurs centres d'intérêt (par exemple, les "passionnés de sport"). Pour créer des catégories de centres d'intérêt, nous allons identifier les types de pages Web auxquelles les internautes accèdent dans le réseau de contenu Google. Par exemple, si un internaute consulte un certain nombre de pages Web consacrées au sport, nous l'ajoutons à la catégorie "passionnés de sport". Pour en savoir plus sur les paramètres de compte associés à cette fonctionnalité, consultez le centre d'aide AdSense à l'adresse http://www.google.com/adsense/support/bin/topic.py?topic=20310&hl=fr.

Suite à l'introduction de cette nouvelle fonctionnalité, vos règles de confidentialité doivent désormais signaler que la publicité ciblée par centres d'intérêt est activée sur votre site. Prenez quelques minutes pour consulter les informations de notre centre d'aide à l'adresse https://www.google.com/adsense/support/bin/answer.py?answer=100557&hl=fr pour vous assurer que les règles de confidentialité de votre site sont à jour et apporter d'éventuelles modifications. Vous avez jusqu'au 8 avril 2009 pour ce faire. Étant donné la variété de lois et de sites d'éditeurs dans les différents pays, nous ne sommes malheureusement pas en mesure de vous proposer des règles de confidentialité spécifiques.

Pour plus d'informations sur la publicité ciblée par centres d'intérêt, vous pouvez également consulter le blog Inside AdSense à l'adresse suivante : http://adsense-fr.blogspot.com/2009/03/monetisez-vos-contenus-grace-des.html.

Nous vous remercions de votre participation et espérons que vous serez satisfait de cette nouvelle fonctionnalité.

Cordialement,

L'équipe Google AdSense

Google Inc.
1600 Amphitheatre Parkway
Mountain View, CA 94043




vendredi 6 mars 2009

La fin des open bars

Source : Le figaro.fr du 06/03/2009

Dans la nuit, les députés ont voté l'amendement interdisant de «consommer de l'alcool à volonté contre paiement d'un forfait». Les dégustations ne sont toutefois plus menacées.

Roselyne Bachelot l'a martelé devant les députés, dans la nuit de jeudi à vendredi : elle ne veut pas instaurer une «société de prohibition et d'abstinence». Mais l'Assemblée nationale, qui a commencé à examiner le volet prévention de l'alcoolisme des jeunes de son texte «Hôpital, patients, territoire, santé», a signé l'arrêt de mort des open-bars.

Les députés ont en effet adopté l'amendement à cette loi interdisant de «consommer de l'alcool à volonté contre paiement d'un forfait» et «l'offre gratuite à volonté des boissons alcooliques dans un but promotionnel». Ce qui, selon la ministre, favorisait le «binge drinking» (consommation rapide, ou encore «recherche de la défonce», selon les propres mots de Roselyne Bachelot).

Tout en partageant l'objectif de lutte contre l'alcoolisme juvénile, les députés des régions viticoles, UMP comme PS, craignaient que ces mesures ne mettent aussi fin aux dégustations, foires, fêtes, stages œnologiques... Pour «lever» ce doute, le président UMP de la commission des Affaires économiques, Patrick Ollier, a défendu un compromis élaboré tout au long de la journée de jeudi. Ainsi, l'amendement adopté exclut du champ de cette interdiction «notamment les fêtes et foires, stages œnologiques et autres opérations de dégustations, repas vins compris». Ce compromis devra désormais être adopté par le Sénat.

Stations-service
Les députés n'examineront donc que lundi l'autre mesure qui inquiète la filière viticole et ses représentants dans l'hémicycle : la limitation de la vente d'alcool dans les stations-service. Actuellement, la réglementation permet d'acheter des boissons alcoolisées à emporter, sauf entre 22 heures et 6 heures du matin. Sur l'autoroute, l'alcool est déjà prohibé, sauf dans les régions productrices de vin et dans les restaurants, à condition de boire son verre de vin accompagné d'un repas. Aujourd'hui, on se dirige donc vers la disparition de l'alccol dans les stations-services «au nom de la sécurité routière et de la prévention». Ce qui inquiète les professionnels, qui estiment qu'ils pourraient mettre la clé sous la porte.

Deux amendements contradictoires ont été adoptés sur le sujet avant le débat en séance : un amendement de Valérie Boyer (UMP), adopté par la commission des Affaires sociales, propose de soumettre à l'autorisation du maire la vente d'alcool entre 22H00 et 06H00 dans les épiceries de nuit pour prévenir les troubles à l'ordre public. En revanche André Flajolet (UMP) a fait adopter par une autre commission (Affaires économiques) un amendement qui autorise de vendre dans les stations-services «des boissons alcooliques provenant d'une aire de production située dans la région du point de vente», sous certaines conditions (emballage empêchant la consommation sur place...).

Publicité sur Internet
Par ailleurs, certains députés ont aussi demandé une levée de l'interdiction de la publicité pour les vins et l'alcool sur Internet. Depuis février 2008, Internet est officiellement interdit de publicité pour l'alcool, suite à la condamnation du brasseur Heineken pour violation de la loi Evin, contre le tabagisme et l'alcoolisme. En octobre 2008, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot indiquait qu'elle ne s'opposerait pas à un amendement en faveur de la publicité pour l'alcool sur Internet. Les députés n'ont pas oublié les paroles de la ministre : deux amendements au projet de loi vont dans ce sens. Le premier vise à intégrer Internet à la liste des supports de publicité autorisés pour l'alcool, établie par la loi Evin. Le second texte propose un assouplissement plus restreint de cette loi.

«Je souhaite résoudre la question de la publicité de l'alcool sur Internet tout en m'assurant de la protection des jeunes», a d'ores et déjà annoncé la ministre. «En revanche, je m'opposerai à toute modification de la définition de la publicité sur l'alcool», a-t-elle également prévenu en saluant le «bon équilibre» de la loi Evin.